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Retour d'expérience, imprimantes 3D

Les imprimantes 3D sont aujourd’hui utilisées et plébiscitées dans de nombreux secteurs d’activités professionnels et également chez les particuliers. Dans cet article nous nous interrogeons avec deux cas d’usage sur leur nocivité vis-à-vis de la qualité de l’air respiré par les utilisateurs.

Pour anticiper ces réflexions sur les risques, certaines des entreprises utilisant de manière intensive les nouvelles techniques d’impression 3D pour le prototypage ont mis en place des plans spécifiques encadrant la protection santé avec des mesures et des relevés appuyant la démarche. Cependant à certains secteurs la production est beaucoup plus faible et sur de plus courte durée d’utilisation, les risques pour la santé sont-ils de ces faits diminués ?  Il est nécessaire de se poser la question puisque la présence, même en quantité mineure, de certains polluants peut avoir un impact direct sur la santé, ce risque étant lui-même proportionnel aux quantités et aux récurrences.

Au-delà des principes de précautions de premier niveau, le service CozyAir apporte des outils d’indications et un savoir-faire scientifique permettant d’évaluer les impacts sur la qualité environnementale et d’ajuster les comportements et protocoles de travail. C’est pourquoi nous avons évalué l’exposition environnementale dans deux sociétés utilisant des imprimantes 3D, tout d’abord un atelier utilisant l’impression 3D à dépôt de filament et un cabinet dentaire utilisant une imprimante de type SLA.

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Avant de vous faire part des résultats, nous tenons à souligner que l’usage d’une imprimante 3D dans le cadre professionnel implique que cet appareil soit installé dans un local à pollution spécifique : c’est le Code du Travail qui définit la qualité des locaux au regard des pollutions qui peuvent s’y produire.

L’article R4222-3 prévoit ainsi que « les locaux à pollution spécifique sont des locaux dans lesquels des substances dangereuses ou gênantes sont émises sous forme de gaz, vapeurs, aérosols solides ou liquides autres que celles qui sont liées à la seule présence humaine ainsi que les locaux pouvant contenir des sources de micro-organismes potentiellement pathogènes et les locaux sanitaires. »

Alors, ça donne quoi pour l’atelier ? Le gros point positif de cette situation est la présence de ventilations individuelles et de capot de protection. Concrètement en plein cycle de production, les opérateurs présentent une exposition très limitée aux polluants. Cependant nous avons remarqué que plusieurs fois par jour, l’indice en COV Composés Organiques Volatils atteint sa valeur maximale de 10 sur 10, soit une pollution très importante, durant une période de 3 à 4h. La cause : le nettoyage des plateaux avec de l’acétone.

Pour apporter une solution, Il a alors été nécessaire de repenser la façon de travailler, depuis ces tests le port d’un masque est obligatoire pendant les phases de nettoyage et un extracteur a été ajouté dans la pièce pour évacuer plus rapidement les polluants.

Dans le cabinet dentaire, la problématique provient également de composés annexes utilisés pour le nettoyage des pièces imprimées, à savoir de l’alcool isopropylique. Lors de son utilisation les opérateurs sont directement exposés à des niveaux importants en COV sur une courte durée. 

De plus la conservation de l’alcool en continu dans un bac à l’air semi libre entraine une émission en continu de COV, ainsi lorsque les systèmes de ventilation sont coupés et la porte fermée, nous retrouvons une accumulation de ces COV.

Il est recommandé de conserver l’alcool et tout produit chimique dans un local spécifique possédant une ventilation spécifique. De plus, l’imprimante 3D devrait être préférablement dans cette même pièce spécifique, le cas échéant l’utilisation d’une hotte aspirante serait une solution.

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En perspective, le domaine de l’impression 3D est en pleine effervescence pour lequel un manque de règlementation est avéré. En tant qu’expert dans le domaine de la qualité de l’air, CozyAir alerte grandement sur le principe de prévention et l’importance de normaliser des protocoles de sécurité liés à l’utilisation quotidienne des technologies d’impressions 3D.

Il est nécessaire de poursuivre davantage dans la recherche scientifique et l'évaluation des risques que peuvent présenter les imprimantes 3D au regard de la santé puisque nous savons aujourd’hui que de nombreux COV sont connus comme irritants ou bien cancérigènes.